Animations obligatoires EVRAS: quel bilan après la première année de mise en œuvre ?
Si le taux d’écoles de l’échantillon répondant au cahier des charges (77%) est considéré comme « satisfaisant » pour une première année d’application, le rapport d’évaluation de l'EVRAS (Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle) présenté en décembre dernier au Parlement de la FWB, pointe également un manque de communication entre les établissements scolaires et les opérateurs, des difficultés d’organisation et des conséquences de la médiatisation de certaines oppositions à l’EVRAS.
Les animations EVRAS ont-elles été mises en place au sein des écoles en 2023-2024 ? De quelle manière ? A quel(s) type(‘s) d‘opérateur(s) les écoles ont-elles fait appel ? Voici les trois questions ayant guidé le Service général de l’Inspection (SGI) dans son évaluation du dispositif EVRAS en milieu scolaire lors de la première année de mise en application.
De prime abord, les chiffre sont encourageants : 89% des écoles sondées (enseignement fondamental ordinaire et spécialisé, enseignement secondaire et spécialisé, tous réseaux confondus) ont mis en place un dispositif EVRAS. 77% le font en respectant le volume attendu et en faisant exclusivement appel à des opérateurs labellisés. Toutefois, plusieurs points méritent d’être améliorer, à commencer par la communication entre les écoles et les opérateurs.
Cette faiblesse se manifeste notamment par une disparité entre les déclarations des écoles et des opérateurs concernant les thématiques abordées. Dans le secondaire, par exemple, 13 écoles déclarent avoir traité « la santé sexuelle » lors des animations, alors que seuls 7 opérateurs disent l’avoir fait. Même constant au fondamental : 6 écoles affirment que « les sentiments et émotions » ont été abordés lors des séances, alors que le double d’opérateurs déclarent l’avoir fait. 7 directions sur 35 n’ont tout simplement pas connaissance des thématiques abordées... Si ces différences peuvent s’expliquer par le fait que les opérateurs adaptent leurs animations sur le moment, en fonction des questionnements des élèves, le manque de dialogue a posteriori avec les directions pose question. Leur collaboration doit aller au-delà des simples aspects organisationnels !
Qui sont les opérateurs ?
Le rapport s’intéresse également aux opérateurs (CPF, CPMS, SPSE …) choisis pour animer les séances EVRAS. Dans la majorité des cas, le choix des écoles dépend surtout de l’existence d’une collaboration préalable ou de la proximité géographique plutôt que de l’expertise de l’opérateur. Le rapport souligne également que le manque de disponibilité des opérateurs labellisés pousse une minorité d’écoles à faire appel à des opérateurs non labellisés, ce qui nous amène à en conclure qu'une augmentation des moyens alloués à ces derniers est nécessaire.
Réception difficile chez certains parents et élèves
Si la réception de l’EVRAS a été en grande partie favorable – avec plusieurs directions qui soulignent les effets bénéfiques sur les élèves et leurs retours positifs - la campagne de désinformation autour de l’EVRAS a malheureusement laissé quelques traces. Le rapport souligne que dans plusieurs écoles fondamentales, des parents d’élèves craignaient que des sujets liés à la sexualité soient abordés dès la maternelle, que la notion de genre soit traitée, ou que des information « honteuses » ou « inadaptées » à l’âge des enfants soient diffusées. Dans le secondaire, quelques établissements ont reçu des demandes écrites de refus de participation.
Le renforcement de la place de l’EVRAS à l’école est donc sur la bonne voie, mais nécessite une implication sérieuse dans le combat contre les fakes news, ainsi que l’amélioration de certains aspects pratiques. Rappelons également que les animations ne constituent qu’une partie de l’EVRAS qui repose également, dans le cadre scolaire, sur plusieurs référentiels de cours et sur l’accompagnement des élèves réalisé par les CPMS.
Le rapport est accessible sur le site du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.