Brevet infirmier : le gouvernement FWB s’entête

Photo brevet infirmier

 

La suppression du diplôme de brevet d’infirmier hospitalier (BIH), approuvé en première lecture par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, va faire l’objet, dans les prochains jours, de la négociation officielle avec les organisations syndicales. Malgré nos nombreuses alertes et interpellations, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’entête dans son opération de sabotage de notre système de soins de santé.

L’avant-projet de décret prévoit que plus aucune inscription en première année de BIH ne sera possible après le 4 mars 2026. La formation sera ensuite progressivement fermée dans le quatrième degré (totalement en 2033) et dans l’enseignement pour Adultes (totalement en 2035) pour être remplacée par une formation d’assistant·e en soins infirmiers (AeSI) de 180 ECTS. Elle sera uniquement dispensée dans l’enseignement pour adultes.

Alors que l’administration générale soutient que cette nouvelle réforme “concilie les exigences européennes et fédérales, les besoins des institutions de soins et la protection des étudiants comme des membres du personnel”, et la décrit comme “indispensable”, nous préférons la qualifier d’“incompréhensible” !
Rappelons que :

  • ni le gouvernement fédéral, ni l’Europe n’imposent cette fermeture,
  • même si des dispositions de financement spécifiques sont prévues, déplacer une formation de l’enseignement obligatoire vers l’enseignement pour adultes est une façon de faire des économies sur le dos des étudiant·e·s et de la filière ,
  • la suppression du brevet bloque l’accès pour des étudiant·e·s motivé·e·s à des études de qualité dans un métier indispensable, à haute valeur sociétale et en pénurie sévère,
  • la perte de l’euromobilité rendra la nouvelle formation moins attractive,
  • la pénurie de personnel soignant est structurelle et liée aux conditions de travail, de salaire, de prestige du métier, et à la perte de sens. Se passer du BIH influera négativement sur ces facteurs et aggravera la pénurie. Aujourd’hui 1/3 des infirmières et infirmiers diplômés sont détenteurs du brevet.

Les ministres Glatigny, Degryse et Coppieters ont refusé d’ouvrir les yeux sur les désastres que cette mesure engendrera pour la santé publique.
La CGSP Enseignement continuera à dire NON à la suppression du brevet infirmier !