Budget FWB :
un coup de massue, mais le combat continue

Avec 47 votes en faveur et 38 contre, le budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles a été adopté le 17 décembre 2025. Ce texte, qui prévoit 255 millions d’économies dès 2026, aura des conséquences désastreuses sur le secteur de l’enseignement.
Zoom sur quelques premières mesures.
- Gratuité des fournitures et moyens de fonctionnement des écoles
Après avoir suggéré de limiter la gratuité aux élèves les plus précarisés de la 1ère à la 3e secondaire, le gouvernement a finalement décrété qu'elle couvrira les élèves de la 1ère maternelle à la 6e primaire. Si au premier regard, cela s’apparente à une bonne nouvelle, car davantage d’enfants bénéficieront de ce mécanisme, cette décision est un bon exemple de l’hypocrisie de ce gouvernement, car les moyens octroyés aux écoles pour assurer cette gratuité ne seront pas augmentés. Concernant le financement des repas scolaires, le budget est drastiquement réduit (de 3,70 euros à 43 cents), mettant une pression supplémentaire sur les familles précarisées.
- Fin de la gratuité dans les académies
Les parents devront à présent débourser 94 euros par enfant pour qu’il ou elle puisse suivre des cours artistiques dans une académie. En plus de mettre en péril l’éducation à la culture et à l’art des enfants les moins favorisés, cette mesure touchera le fonctionnement des académies, ainsi que l’emploi de leurs personnels.
- Attaque sur les DPPR
En octobre 2025, la ministre Glatigny avait fièrement annoncé que le gouvernement « ne touche pas aux DPPR ». Pourtant, celles-ci seront maintenant limitées à 24 mois calendaires, quelle que soit l’ancienneté du membre du personnel et la hauteur de la charge abandonnée. Un nouveau mensonge qui malheureusement, ne nous étonne guère.
- Projet pilote Écoles-Entreprises
Le gouvernement poursuit son projet « Écoles-Entreprises », dont l’objectif est, selon lui, de « développer les synergies entre l’enseignement, la formation et l’emploi ». 15 écoles situées dans les bassins de Liège et de Wallonie picarde participeront au pilote.
Ce projet a été conçu dans la précipitation et souligne la vision purement économique qu’ont le MR et les Engagés de l’école : un élève est un futur travailleur. Tout ce qui leur importe, c’est la richesse qu’il ou elle pourra produire, rien de plus. Ce projet ouvre donc la porte à un modèle dangereux, où l’école est au service du secteur privé. De nombreux enseignements et connaissances fondamentales risquent d’être éjectés des programmes car jugés « inutiles » aux yeux des entreprises dont un des objectifs est d’in fine octroyer elles-mêmes les certifications.
- Bâtiments scolaires
un mécanisme de remboursement partiel des subventions de rénovation (3% structurel par an pour les 17 prochaines années), ce qui constitue un important désinvestissement dans les bâtiments. Si ce mécanisme n’est pas corrigé, les budgets de rénovation de bâtiments seront réduits de 51% (3x17).
Les mesures relatives à la rémunération et à la charge de travail des enseignant·e·s (passage à 22 heures pour les enseignant·e·s du DI, suppression du barème 501), au régime des congés maladie (limitation à 60 % de la rémunération après épuisement du pot maladie), ou encore à l’organisation de l’enseignement secondaire de plein exercice et de l’enseignement supérieur sont toujours en cours de négociations. Elles feront l’objet d’un article détaillé dans la newsletter du mois prochain.
Un combat loin d’être terminé
Malgré ces tristes nouvelles, plus que jamais, notre mobilisation doit continuer. En continuant les actions dans vos écoles, en participant aux grèves et aux manifestations, nous envoyons un message clair au gouvernement Degryse : nous riposterons à chacune de vos attaques lâches, nous ne vous laisserons pas détruire l’Ecole, piétiner le personnel enseignant et sacrifier l’avenir des élèves.